lundi 19 décembre 2016

Rose de Noël aux anges

On nous annonce une accalmie entre deux pics de pollution. 
Les roses sont hilares, leur coeur euphorique.
Réjouissons-nous également et profitons-en pour respirer un bon bol d'R de Rose !
Bonnes fêtes de fin d'année à tous !

Scat d'Urtic

mercredi 20 avril 2016

SABLE


S A B L E

 

Dans le sable des écritures. Des enfants ont tracé leur vie.

Des cœurs, des écritures imaginaires, arrêter le promeneur

solitaire, l’inciter à écrire.


Attendre une réponse.


Rendez-vous sur la plage, écrire à perte de vue.

Certains promeneurs effacent les écritures.

Recommencer pour que le geste ne s’arrête pas.

Ne pas arrêter le rêve, il se transmet.

On distingue des notes de musique.


Des mouettes viennent fixer

leurs pattes étoilées sur la mélodie.


Un garçon dessine avec son bâton des spirales.

La mer recouvre les lettres et répond avec des dessins.

Une femme avec un grand ruban vert lance des fleurs et enlace

des jeunes filles.

C’est la fête du printemps. Le sable recouvre les fleurs


et des roses apparaissent.

« Vive la Rose » s’écrient-elles.

 

                                                                                         Sylvia  Desbois
                                                                                                                          20 avril 2016       

vendredi 15 avril 2016

Hommage sincère, dithyrambique et appuyé à M. Poubelle, par Scato d'Urtic

Adieu Crottin (ou le Génie hygiénique)

Au Moyen âge, la plupart des hommes se sentaient bien emmerdés
Car, n’ayant point encore rencontré le Grand Génie hygiénique,
Les villes restaient sales, miteuses et plongées dans un désordre anarchique :
On y respirait éternellement l’odeur de l’urée, de la sueur et de la purée,

Et partout s’exhalait le parfum des toilettes, au lieu du splendide parfum des prés.
Chaque jour, les ordures passaient au travers des fenêtres et s’accumulaient
Sous les porches, tant et si bien que les riches citadins se voyaient contraints
D’envoyer bien des pauvres dans la mouise, la daube, le foin, la gerbe et le crottin,

Se vantant de tenir à eux seuls le haut du pavé
– Foutus rois du Karcher, Fils honnis du Tri sélectif !
Roulant en Porsche, ces grands escogriffes habillés de vestes à griffe,
Se plaisaient, dans l’ombre comme à la lueur des torches, à massacrer leurs valets.

Mais – notez-le dans vos carnets ! –  le 15 avril 1831 naquit Monsieur Poubelle,
Vénérable humaniste, auguste figure de l’Histoire, magnanime Préfet de la Seine,
Et, aux yeux comme au nez de l’avenir, fidèle garant de l’hygiène.
Très en avance sur son temps, il donna son nom à une Invention si noble et si belle !

C’est donc dans les années 1880 qu’enfin la boue, les bouses et autres étrons furent régulièrement ramassés à la pelle,
Tandis que les déchets ménagers, enrobés de jolis sacs irisés, remplirent de grandes bennes obscènes :
À partir de ce moment-là, plus jamais – non, plus jamais – l’on ne marcha dans les selles

Et les artères de Paris, enfin décrottées, libérées et sanctifiées, redevinrent pour toujours propres et saines.

mercredi 6 avril 2016

L'Hallali de l'Hiver (ou la Fête du Printemps)




L’HALLALI DE L’HIVER


Maintes funèbres complaintes entonnent les hommes, et fort monotones,
Quand les trompettes de l’Hiver font retentir l’hallali de l’Automne :
« A gla gla ! Quel froid de canard sous le blanc feuillage des ti-tilleuls !
Qu’est-ce qu’on s’les gèle ici ! Oh, ça ca-caille ferme ! Ah mes gla-aïeuls ! »

Pauvres visages pâles, enfournez donc du charbon noir dans vos poêles !
Cuisinières et cuisiniers, réchauffez vos dindes au marron givrées !
Par ce temps-là, même les Peaux-Rouges se pèlent la plante des pieds,
Et seuls quelques patineurs survoltés osent encore se mettre à poils.

Tiens ! La luge en bois lisse des Indiens Hopi-Hopas glisse sur la neige ;
Emportée par son élan, elle décolle, lévite et survole tous les pièges :
« Hop-li ! hop-là ! Adieu bosses et verglas ! Tchao diverses chausse-trappes ! »
Patati et patata. Langue trop bien pendue penche, fourche et dérape ;

La catastrophe, horrible, approche : « Ah la li ! Oh la la ! » Quel embarras !
Les corps s’agitent, les mains s’accrochent…
                        Bing !
                                    Crac !

                                               Aïe !
                                                           Badaboum
                                                                                   et
                                                                                               patatras ! 

Mais les ennuis sont loin d’êt’ finis ; v’là soudain l’avalanche qui menace
Car les cruelles cloches du Printemps précoce sonnent déjà le glas de la glace.







lundi 22 février 2016

Philaleph, par Jean-Luc Lavrille

PHILALEPH


repris depuis peu en ce chemain d’écrire après long bivouac

aube entée d’ombres entrées dans la nuit

visage conforme et sans copie

les parfums sourdent des os

sable égaré

songe sans voix source

vestibules d’aiguilles

sapins bleus abris d’étoiles

soir silence et vent

groin grimaçant

hiver

à la lune une

se pend souvent

souvent

un chant          

défiant toute concurrence pour son élégance 

étrange compagnie que celle des souvenirs…  ruines toujours reconstruites !

des riens

qu’en ce soir triste de littérature ne soit dit que

          souffrir pour les siennes propres

          cette voix ronron de baryton suave 

          voix off d’une

          et comme savez vous si ce travail de l’indicible fut mené jusqu’à taire 

jusqu’ à escale ?

dire à moitié et laissez l’autre moitié se                  

          telle rhapsodie sans intrigue qui donne du fil à re

et pour parler

propre corps sa

          entendre qu’il nous parle et qu’il nous parle

trouver la bonne fréquence le bon canal   souvent brouillés ou

déplacement de lignes souvent suffit et la langue joue son

comme si le rêve

langue   gangue 

écrire lui ôterait toute mémoire

exilé à soi-même ?

et ce n’est pas un voyage ordinaire : exilé dans sa  

quel massacre s’entendrait alors ?

c’est pourtant le territoire de la jeunesse amoureuse
                                                                                                                    
JEAN-LUC LAVRILLE

samedi 20 février 2016

Au café Mollard, poème en prose, par Paul-Eric Langevin (2005)

Libraires de tous les pays unissez vous, par Jean-Luc Lavrille

Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous 

Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous

Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous 

Libraires de tous les pays unissez vous
Libraires de tous les pays unissez vous
 Libraires de tous les pays unissez vous

Jean-Luc LAVRILLE

Les loups sont parmi nous, par Scato d'Urtic (7 décembre 2015)

Les loups sont parmi nous

Au lendemain des élections régionales,
L’Arbre à souhaits du Jardin de la Félicité éternue.
Il a froid. Tremble. Perd ses feuilles. Se sent mal.
L’arbre est nu sous les tristes nues.

Le Jardin partagé – locus amoenus – en perd son latin.
Ébouriffé, les yeux en friche, il a la gueule de bois.
À l’affût, les loups se terrent dans les sous-bois.
Une ombre noire – ou bleu marine – partout étend sa main.

 Scato d'Urtic, 7 décembre 2015

À vos souhaits!, par Scato d'Urtic

À vos souhaits !

Un attroupement d’hommes, de femmes et d’enfants près d’un Arbre à souhaits, dans un jardin féérique :
– « Voir des ours blancs sur la banquise ! »
– « Un soleil vivant. Viva el sol ! »
– « Plus de paix et d’amour ! »
– « Plus de justice ! »
– « Une bonne cuite et de l’herbe à chat ! »
– « Un dictateur, des pains au chocolat et un tiercé gagnant ! »
– « Une marquise, un fouet et un collier de perles ! »
– « Des poules élevées en plein, un champ de patates sans OGM, la mort des gazoducs et la victoire des concombres de mer ! »
– « Une nonne en cuir, des ciseaux, une tarte à la crème et un petit vélo ! »
– « Un café, un journal, une bonniche en cuisine et une paire de charentaises bien chaudes ! »
– « Une gentille maîtresse, des notes supérieures à la moyenne et une Play-Station pour Noël ! »
– « Des gants noirs, un marteau à manche rouge, un canari muet et un bouquet de seringas ! »
– « Un zèbre, un oratorio et une piste de ski ! »
– « Un chippendale à fort quotient intellectuel, des châteaux en Espagne, un mari milliardaire et du champagne à gogo ! »
– « De la musique hawaïenne, des sourires de geisha, des pâtisseries libanaises, un verre de caïpirinha et des massages pendant plusieurs heures trois cent soixante-cinq jours par an ! »

Dieu (ou le Père Noël) :
– « Prenez un ticket, faites la queue et attendez votre tour, s’il vous plaît ! Bah, oui, comme tout le monde !... »

Scato d'Urtic

mercredi 17 février 2016

Anti-commémoration Dada et hommage au T comme Tzara par quatre membres d’R de Rose, par Scato d'Urtic (2016)



Anti-commémoration Dada et hommage au T comme Tzara par quatre membres d’R de Rose


Le 8 février 2016, devant la boutique Zara située tout en haut de la rue de Rennes, à 18 heures pétantes, le collectif R de Rose participa à une anti-commémoration Dada, afin de faire honneur à l’invention du mot trouvé et prononcé le même jour à la même heure (mais pas au même endroit ni dans le même siècle) par Tristan Tzara (d’après certaines sources plus ou moins officielles).

Comme c'était à la fois un jour et un anniversaire arrosés, nous en profitâmes pour prendre le "T" et le liquider en même temps que quelques autres lettres de l'alphabet. 
À l’instant T, nous bûmes tous les quatre dans des tasses en porcelaine de Chine, le thé provenant d’une théière surréaliste coiffée d’une marguerite aux couleurs de pissenlit (la langouste de Dali étant restée, ce jour-là, au vestiaire). Puis nous croquâmes la Brioche (rebaptisée Trioche pour l’occasion).
Il en résultat un RAZ-de-marée dont la force titanesque fut contrebalancée par la récitation aux passants interloqués ou tétanisés de quelques vers d'un anti-poème de ma (dé)composition, intitulé "T comme..."  L’un d’entre nous, Paul-Eric, fit montre, à cette occasion, d’un courage et d’un zèle remarquables, qui stimulèrent les autres membres d’R de Rose et les incitèrent à ânonner des T, invitant les hommes comme les femmes, toutes classes confondues, à nous rejoindre chaleureusement et collectivement sous la lumineuse arche zararienne.

Plus tard, remontant la rue de Rennes, Jean-Luc Lavrille, moral remonté comme une horloge à quarTz, prolongea l’« Instant T » en hurlant (ou plutôt, en hululant) des Toutou, des Tutu, des Tata et des Toto à tous les passants, fort ravis (y compris les bourgeoises, leurs chiens et leurs maris). Les bravissimo et les hourras anarchistes s’ajoutèrent alors à la pluie diluvienne.
Le tout se termina, comme il se doit, dans une danse autour d’un grand T chaud au café de la Tour Montparnasse. Par respect pour les coutumes locales, on toléra aussi la bière et la limonade.


Sur les photos prises pour l’occasion, et à l’invitation de l’association BoXon, sont visibles : Jean-Luc Lavrille (cheveux blancs de sagesse, menton masqué par l'instant T), Paul-Eric Langevin (cheveux bruns et bouc esquissé, façon T), Sylvia Desbois-Lavrille (cheveux en harmonie avec la théière pissenlit, bob transcendantal), Jean-Yves Samacher alias Scato d'Urtic (casaque noire et or, blanc bonnet gris, sourire).

Scato d'Urtic

Le 8 février 2016 (bis), par Scato d'Urtic



T comme…
Trapéziste Télépathe.
Ne faiTes pas ceTTe TêTe de Toréador Trépané !
UTilisez Toujours la Tactique des Termites.
Tablez sur la TestosTérone et les TableTTes de Toblérone.
TaTe mes Triceps Tyroliens mais Touche pas à mes Tétons Teutons.
To be or noT To be, ThaT is The quesTion.
ArrêTe, Théodore, Tati T’a diT de Te Taire !
Teddy, enTends-Tu le TrompeTTiste TsarisTe et le Tambour TaTar ?
Ils fonT moins de bruiT que mon Toutou Tasmanien sous Ton TracTopelle Téléguidé.
Je prendrai bien un Indian Tonic après avoir trouvé ce specTaculaire Trésor TolTèque.
TerrifianT Triomphe sur le Tyrannique et le TenTaculaire : Terminator et Tyrannosaurus Rex enfin reTournés à la Terre !
Vive la TranquilliTé ToTale et la ToTaliTé Tranquille !
Réserver d’avance son Taxi Tunisien ou prendre un Trolleybus Tchécoslovaque.
TapoTez sur les Téléphones Turcs avec modéraTion.
SToppez TouT de suiTe les Typhons TokyoïTes et les TremblemenTs de Terre Taïwanais.
Totem et Tabou. Tristes Tropiques. Bonjour Tristesse.
Mon Télescope Tomate Trempe dans Ton Tilleul Trop Tiède.
Tu TinTinnabules par sTricTe TimidiTé Temporaire.
T’as vu, le TER TouT Terrain faiT le Tour du Talus !
Les Trains du fuTur ne s’arrêTeront plus aux Terminus.
Au Troisième Top, le Transsibérien Traversera la Taïga TchoukTche.
Tiens-Toi bien, s’il te plaîT, TovariTch !
Eh, Tourne le bouton de Ta Télé, TarTe que Tu es !
ToTo, Tasse de Travailler au lieu de Tasser TouT Ton Temps à Tormir ou à Turfer sur InTerneT !
Dis, Thomas, as-Tu Testé le TéléTravail en Tongs ?
Êtes-vous TenTée, Très chère, par le Thé de Tristan Tzara ?
Venez plutôt Trinquer avec les Trolls de la Taverne Troglodyte.
L’abus de Thé est dangereux pour la sanTé.

ScaTo d'UrTic