samedi 18 mars 2017

PARUTION DU LIVRE R DE ROSE



SOIREE POETIQUE



MARDI  25 AVRIL


CAFE DE LA MAIRIE DU Vème

PLACE ST SULPICE

R de rose



Venez nombreux !
                              à...

                                       20 heures

Lecture organisée par Armel Louis éditeur et libraire
              ( La Lucarne des écrivains, 115 rue de l'Ourcq 75019 Paris)

lundi 19 décembre 2016

Rose de Noël aux anges

On nous annonce une accalmie entre deux pics de pollution. 
Les roses sont hilares, leur coeur euphorique.
Réjouissons-nous également et profitons-en pour respirer un bon bol d'R de Rose !
Bonnes fêtes de fin d'année à tous !

Scat d'Urtic

dimanche 22 mai 2016

Prochaine lecture d'R de ROSE : Jeudi 9 juin, de 17 h à 19 h


AVIS À LA POPULATION

Dans le cadre des activités du Kiosque citoyen de la Mairie du 15e arrondissement, l'association R de Rose participera à un café littéraire consacré à la poésie le jeudi 9 juin prochain, entre 17 heures et 19 heures.

Poèmes à lire, à voir, à entendre, à danser et à partager ensemble à cette occasion.

Vers autour d'un verre, prose en rose, rythme lent ou rythme d'enfer, bouches sonores ou langues pendues, pimes en vert, rimes en (l')air ou rime ailleurs...

Au pied du métro Sèvres-Lecourbe.



mercredi 20 avril 2016

SABLE


S A B L E

 

Dans le sable des écritures. Des enfants ont tracé leur vie.

Des cœurs, des écritures imaginaires, arrêter le promeneur

solitaire, l’inciter à écrire.


Attendre une réponse.


Rendez-vous sur la plage, écrire à perte de vue.

Certains promeneurs effacent les écritures.

Recommencer pour que le geste ne s’arrête pas.

Ne pas arrêter le rêve, il se transmet.

On distingue des notes de musique.


Des mouettes viennent fixer

leurs pattes étoilées sur la mélodie.


Un garçon dessine avec son bâton des spirales.

La mer recouvre les lettres et répond avec des dessins.

Une femme avec un grand ruban vert lance des fleurs et enlace

des jeunes filles.

C’est la fête du printemps. Le sable recouvre les fleurs


et des roses apparaissent.

« Vive la Rose » s’écrient-elles.

 

                                                                                         Sylvia  Desbois
                                                                                                                          20 avril 2016       

vendredi 15 avril 2016

Hommage sincère, dithyrambique et appuyé à M. Poubelle, par Scato d'Urtic

Adieu Crottin (ou le Génie hygiénique)

Au Moyen âge, la plupart des hommes se sentaient bien emmerdés
Car, n’ayant point encore rencontré le Grand Génie hygiénique,
Les villes restaient sales, miteuses et plongées dans un désordre anarchique :
On y respirait éternellement l’odeur de l’urée, de la sueur et de la purée,

Et partout s’exhalait le parfum des toilettes, au lieu du splendide parfum des prés.
Chaque jour, les ordures passaient au travers des fenêtres et s’accumulaient
Sous les porches, tant et si bien que les riches citadins se voyaient contraints
D’envoyer bien des pauvres dans la mouise, la daube, le foin, la gerbe et le crottin,

Se vantant de tenir à eux seuls le haut du pavé
– Foutus rois du Karcher, Fils honnis du Tri sélectif !
Roulant en Porsche, ces grands escogriffes habillés de vestes à griffe,
Se plaisaient, dans l’ombre comme à la lueur des torches, à massacrer leurs valets.

Mais – notez-le dans vos carnets ! –  le 15 avril 1831 naquit Monsieur Poubelle,
Vénérable humaniste, auguste figure de l’Histoire, magnanime Préfet de la Seine,
Et, aux yeux comme au nez de l’avenir, fidèle garant de l’hygiène.
Très en avance sur son temps, il donna son nom à une Invention si noble et si belle !

C’est donc dans les années 1880 qu’enfin la boue, les bouses et autres étrons furent régulièrement ramassés à la pelle,
Tandis que les déchets ménagers, enrobés de jolis sacs irisés, remplirent de grandes bennes obscènes :
À partir de ce moment-là, plus jamais – non, plus jamais – l’on ne marcha dans les selles

Et les artères de Paris, enfin décrottées, libérées et sanctifiées, redevinrent pour toujours propres et saines.

mercredi 6 avril 2016

L'Hallali de l'Hiver (ou la Fête du Printemps)




L’HALLALI DE L’HIVER


Maintes funèbres complaintes entonnent les hommes, et fort monotones,
Quand les trompettes de l’Hiver font retentir l’hallali de l’Automne :
« A gla gla ! Quel froid de canard sous le blanc feuillage des ti-tilleuls !
Qu’est-ce qu’on s’les gèle ici ! Oh, ça ca-caille ferme ! Ah mes gla-aïeuls ! »

Pauvres visages pâles, enfournez donc du charbon noir dans vos poêles !
Cuisinières et cuisiniers, réchauffez vos dindes au marron givrées !
Par ce temps-là, même les Peaux-Rouges se pèlent la plante des pieds,
Et seuls quelques patineurs survoltés osent encore se mettre à poils.

Tiens ! La luge en bois lisse des Indiens Hopi-Hopas glisse sur la neige ;
Emportée par son élan, elle décolle, lévite et survole tous les pièges :
« Hop-li ! hop-là ! Adieu bosses et verglas ! Tchao diverses chausse-trappes ! »
Patati et patata. Langue trop bien pendue penche, fourche et dérape ;

La catastrophe, horrible, approche : « Ah la li ! Oh la la ! » Quel embarras !
Les corps s’agitent, les mains s’accrochent…
                        Bing !
                                    Crac !

                                               Aïe !
                                                           Badaboum
                                                                                   et
                                                                                               patatras ! 

Mais les ennuis sont loin d’êt’ finis ; v’là soudain l’avalanche qui menace
Car les cruelles cloches du Printemps précoce sonnent déjà le glas de la glace.







lundi 22 février 2016

Philaleph, par Jean-Luc Lavrille

PHILALEPH


repris depuis peu en ce chemain d’écrire après long bivouac

aube entée d’ombres entrées dans la nuit

visage conforme et sans copie

les parfums sourdent des os

sable égaré

songe sans voix source

vestibules d’aiguilles

sapins bleus abris d’étoiles

soir silence et vent

groin grimaçant

hiver

à la lune une

se pend souvent

souvent

un chant          

défiant toute concurrence pour son élégance 

étrange compagnie que celle des souvenirs…  ruines toujours reconstruites !

des riens

qu’en ce soir triste de littérature ne soit dit que

          souffrir pour les siennes propres

          cette voix ronron de baryton suave 

          voix off d’une

          et comme savez vous si ce travail de l’indicible fut mené jusqu’à taire 

jusqu’ à escale ?

dire à moitié et laissez l’autre moitié se                  

          telle rhapsodie sans intrigue qui donne du fil à re

et pour parler

propre corps sa

          entendre qu’il nous parle et qu’il nous parle

trouver la bonne fréquence le bon canal   souvent brouillés ou

déplacement de lignes souvent suffit et la langue joue son

comme si le rêve

langue   gangue 

écrire lui ôterait toute mémoire

exilé à soi-même ?

et ce n’est pas un voyage ordinaire : exilé dans sa  

quel massacre s’entendrait alors ?

c’est pourtant le territoire de la jeunesse amoureuse
                                                                                                                    
JEAN-LUC LAVRILLE